cercle chromatique
Débutant

Le cercle chromatique d’Itten et les 7 contrastes !

Tout le monde connait ce fameux cercle composé de douze couleurs appelé « cercle chromatique » !

Lorsque j’étais collégienne en cours d’arts plastiques, j’avais beaucoup de mal à comprendre la réelle utilité de ce disque coloré ! Je ne savais pas l’utiliser et encore moins en expliquer ou en comprendre les principes !

Les termes de couleurs primaires, secondaires, de saturation, d’harmonie et de contraste, se mélangeaient jusqu’à la confusion la plus totale !

Et ce ne sont pas mes recherches sur Google qui m’ont aidée, bien au contraire !

Pourtant, comprendre comment fonctionnent les couleurs entre elles est vraiment indispensable à tout artiste !

Je suis donc partie à la recherche d’informations fiables et je me suis concentrée sur le livre L’Art de la couleur, de Johannès Itten, le créateur du cercle chromatique du même nom, pour vous parler de couleurs, des relations qu’il existe entre elles et de ses nombreuses applications dans les arts graphiques !

Bien que le travail et le cercle chromatique de Itten soient partiellement contestés de nos jours, pour des raisons que je traiterai dans un prochain article, il reste une référence et un outil fiable pour comprendre les interactions entre les couleurs.

Dans l’article d’aujourd’hui, une fois la notion de lumière et de couleurs définies, je vous expliquerai comment fonctionne l’outil graphique d’Itten, comment vous en servir facilement et les 7 contrastes qu’il en a déduits !

Je vous montrerai tout cela à travers des exemples d’œuvres célèbres, afin d’illustrer les applications possibles de la théorie des couleurs, et vous permettre de mieux vous les approprier !

La lumière blanche : un mélange de couleurs

La diffraction de la lumière

La découverte du spectre des couleurs, issu de la décomposition de la lumière naturelle lors de son passage au travers d’un prisme de verre, remonte au XVII avec les découvertes d’Isaac Newton, qui fut l’un des premiers scientifiques à décomposer la lumière par diffraction.

C’est ce phénomène que nous observons avec ravissement après un orage, lorsqu’un arc-en-ciel apparait dans le ciel.

Le spectre de la lumière solaire blanche est composé, grosso modo, des six couleurs de l’arc-en-ciel qui sont, dans l’ordre, le rouge, l’orange, le jaune, le vert, le bleu et le violet.

La théorie des couleurs classe ces couleurs en trois catégories : primaires, secondaires et… tertiaires.

Ce sont les couleurs désignées par Itten comme « pures », c’est-à-dire uniques, impossibles à obtenir par mélange de pigments. Elles sont la base de toutes les autres couleurs du cercle.
Ce sont les couleurs issues du mélange à parts égales de deux primaires.
Résultat du mélange d’une couleur primaire et d’une secondaire, elles sont au nombre de six et viennent compléter le spectre initial pour porter à 12 les couleurs présentes sur le cercle chromatique de Itten. Elles sont des variantes des couleurs secondaires : jaune-orangé, bleu-vert, etc.

Le cercle chromatique d’Itten : comment ça marche ?

L’histoire a connu de nombreuses tentatives de systématisation des couleurs : il y a eu le cercle chromatique de Newton au XVIII siècle, celui de Goethe et aussi l’étoile d’Ostwald.

Mais c’est le cercle de Johannès Itten (peintre et enseignant suisse de la fin du XIX siècle) qui a gagné en popularité. Il sert toujours aujourd’hui de repère pour trouver la bonne combinaison de couleurs.

Construisant son schéma graphique sur la base des travaux de ses prédécesseurs, il a réussi à regrouper toutes les théories existantes dans un système simple et logique, permettent une lecture visuelle immédiate de cet ensemble : le cercle d’Itten.

Une disposition graphique élaborée pour structurer la perception des couleurs, comme les nombres structurent la perception des quantités.

Wikipédia

Le cercle chromatique selon Itten

Son organisation en cercle, classique, rassemble l’ensemble du spectre lumineux et les répartit sur le cercle en alternant primaires, secondaires et tertiaires :

Mais ce qui en fait un outil vraiment ingénieux pour la lecture rapide et efficace des interactions entre les couleurs, c’est son prisme central qui utilise les formes géométriques pour visualiser les combinaisons intercouleurs possibles !

Les pointes de l’hexagone central indiquent la position de chaque couleurs primaires et secondaires sur le cercle, les tertiaires se positionnant sur les faces de ce dernier.

La température des couleurs

Itten a été le premier à discuter de la notion de « température » des couleurs.

Plus tard, des expériences ont démontré une différence de cinq à sept degrés dans la sensation subjective de chaleur ou de froid entre un atelier peint en bleu-vert et un autre peint en rouge-orange !

Pour Itten, une couleur est dite « chaude » lorsqu’elle est composée de jaune et/ou de rouge et « froide » lorsqu’elle contient du bleu. Le cercle chromatique donne une visibilité immédiate de cette nature en partageant ce cercle en deux zones distinctes et faciles à repérer :

Répartition des couleurs chaudes et froides sur le cercle

Couleurs complémentaires

Se sont les couleurs situées à l’opposé l’une de l’autre sur le cercle. Elles se mettent en valeur l’une l’autre lorsqu’elles sont associées par effet de contraste.

Pourquoi faut-il connaitre la complémentaire de chaque couleur ?

Parce qu’une couleur est exaltée par la proximité optique de sa complémentaire.

Deux couleurs quelconques juxtaposées s’enrichissent chacune de la complémentaire de l’autre : si les deux couleurs rapprochées sont des couleurs chaudes (un rouge et un orangé par exemple), la coloration apportée par leur complémentaire réciproque les refroidit.

Dans l’exemple ci-dessous, la couleur complémentaire du bleu est l’orange. Ces deux couleurs opposées forment une harmonie complémentaire.

Chaque couleur sur le cercle possède sa ou ses complémentaires, immédiatement repérables sur le cercle :

De ces différentes combinaisons entre complémentaires, on obtient une gamme de couleurs à l’accord parfait : la palette.

Cercle chromatique : trouver les complémentaires

Saturation / désaturation

Vous l’avez peut-être remarqué, deux couleurs achromatiques, le blanc et le noir, sont absentes du modèle d’Itten, alors que celles-ci sont des couleurs initiales d’égale d’importance.

Itten proposait de définir le noir et le blanc comme étant des « non-couleurs ».

Il est vrai qu’elles sont achromatiques, mais de même valeur et de même importance que toutes les autres couleurs de base, et surtout absolument indispensables au système d’ordre logique des couleurs !

Il publia plus tard un second ouvrage, avec pour l’illustrer, l’étoile d’Itten, une organisation des couleurs prenant en compte la variation de ton des couleurs du prisme !

Car l’ensemble des couleurs du cercle chromatique sont dites « saturées », c’est-à-dire que ces 12 couleurs sont considérées exemptes de toute trace de noir, de blanc, de gris (qui est un mélange de blanc et de gris) ou d’une couleur complémentaire !

A l’inverse, une couleur est dite « désaturée » ou « rompue », lorsqu’elle contient l’un ou l’autre de ces éléments.

Une couleur totalement désaturée se traduit en niveaux de gris, allant du plus clair au plus sombre, comme le montre l’étoile d’Itten ci-dessous :

L’étoile d’Itten et les différentes désaturations possibles

Couleurs monochromes

C’est l’ensemble des variations obtenues par désaturation d’une couleur. Elles forment ainsi une « harmonie monochromatique » (accord de couleurs à partir d’une même teinte)

On peut aussi appeler « camaïeu » cette déclinaison de valeurs issues d’une même teinte (famille de couleur)

Couleurs Analogues

Ce sont les couleurs situées les unes à côté des autres sur le cercle. Elles forment, elles aussi, une « harmonie monochromatique » mais par la proximité des teintes choisies sur le cercle.

Comment utiliser le cercle ?

La première fonction de cet outil est donc de proposer à son utilisateur une représentation visuelle immédiate, logique et structurée de la genèse des couleurs et de leurs nombreuses interactions.

L’artiste comprend d’un seul coup d’œil comment obtenir du vert ou tout autre couleur secondaire ou tertiaire, comment créer des harmonies ou des contrastes, comment associer les couleurs entre elles pour mettre en valeur son œuvre :

  • Trouver la complémentaire de chaque couleur d’un seul coup d’œil
  • Composer une palette de coloris harmonieux (en harmonie complémentaire ou monochromatique)
  • Déterminer la température des couleurs (froides ou chaudes)

Pour exploiter au mieux le potentiel du cercle chromatique d’Itten, je vous conseille de l’imprimer en couleurs, bien sûr, en cliquant ici.

Puis, vous découpez l’hexagone intérieur pour pouvoir le faire tourner librement à l’intérieur du cercle et choisir à votre guise les complémentaires de votre choix en vous servant des formes géométriques représentées sur le prisme !

Les 7 contrastes selon Itten

La couleur est un des outils essentiels de l’artiste.

Bien que chaque époque possède sa propre tessiture, son style et sa symbolique, les artistes ont tous, de façon étudiée ou spontanée, utilisé la théorie des couleurs en utilisant deux fonctions essentielles : le contraste et l’harmonie.

Si le contraste, est par définition, une « discussion » entre deux couleurs, il peut se représenter sous différentes formes ayant chacune une fonction. De ces querelles naissent des émotions, des impressions qui font l’essence de l’oeuvre et sa beauté.

Itten a déterminé sept façons de coordonner les couleurs en utilisant les propriétés contrastantes de la teinte, c’est ce que nous allons voir tout de suite :

1- Le contraste de la couleur en soi

Le contraste est formé par la juxtaposition de teintes primaires.

Ces forts contrastes seront très présents dans l’art abstrait et contemporain, comme ci-dessous, avec un tableau de Piet Mondrian :

Pour le fauvisme aussi, la couleur sera une émotion et une sensation qui permet d’affirmer avec force le regard du peintre sur le monde.

Chocs émotifs, agressivité de tons purs, presque sauvages, la palette franche, pure et brute, presque primaire (références à l’art tribal et primitif) des « fauves », permet de forts contrastes qui procurent de la profondeur, du mouvement et du dynamisme à leurs œuvres.

Ernst Ludwig Kirchner, Jeune fille assise – 1910

2- Le contraste clair-obscur

C’est le plus fort des contrastes : le noir et le blanc, la lumière contre l’obscurité.

Cette méthode de contraste s’applique aussi lors de l’utilisation des différentes couleurs car cet écart doit être le plus grand possible entre les valeurs claires et sombres, pour obtenir un contraste maximum.

En effet, je l’ai expliqué plus haut dans l’article, toutes les couleurs peuvent être éclaircies par le blanc puis obscurcies par le noir : c’est la désaturation.

Cette forme de contraste est très efficace pour traiter la lumière et l’ombre afin de mettre en évidence les parties importantes d’une composition.

De nombreux peintres de la Renaissance, comme le Caravage et plus tard Rembrandt, l’ont l’utilisé de façon spectaculaire, créant un nouveau genre : le clair-obscur.

Le Caravage, l’incrédulité de saint Thomas – vers 1603

Rembrandt, Les pèlerins d’Emmaüs – 1648

Les artistes de la période baroque ont développé le style clair-obscur en utilisant les ombres et une source de lumière unique et dure pour créer une profondeur et une intensité dramatique appelée ténébrisme.

Ce style impressionnant peut sembler dépassé par rapport à l’art contemporain coloré que nous voyons souvent aujourd’hui, mais de nombreux artistes, en particulier des photographes, s’inspirent largement de cette technique pour mettre en valeur leurs sujets !

George Braque, Les poissons noirs – 1942

3- Le contraste chaud-froid

Regardons de nouveau notre cercle chromatique : il est partagé en deux parties égales, appelées couleurs chaudes et couleurs froides.

Les tons froids, bleutés, ont tendance à donner une sensation de fraîcheur et sont dits « fuyants » : ils accrochent moins le regard, ce qui leur permet de donner l’impression d’espace.

Dans un paysage, ils évoquent la perspective, plus le paysage s’éloigne et plus il se refroidit : c’est la perspective atmosphérique.

Apaisants, frais, traduisant la sensation d’humidité et ils s’opposent aux tons chauds, issus du rouge et du jaune, qui eux, symbolisent la lumière et donnent un sentiment de proximité.

Comment l’artiste organise les couleurs pour exprimer quelque chose dans une œuvre ?

Penchons-nous sur cette œuvre sublime de Claude Monet, initiateur du mouvement impressionniste français au début du XIX siècle :

Dans les deux toiles ci-dessus, l’utilisation de tons chauds et froids traduit deux ambiances à l’opposée l’une de l’autre.

Dans le premier tableau, Claude Monet a utilisé une palette à dominante chaude, avec une forte présence de couleurs issues du rouge et du jaune, pour exprimer l’aube sur la campagne, la douce chaleur du soleil en fin d’été (ce sont les moissons), qui vient réchauffer la terre et le chaume encore humide de la nuit avec ses touches de vert et de bleu.

Dans celui de Vincent Van Gogh, la froideur de la nuit et son osbcurité sont exprimées par la palette froide des bleus que viennent équilibrer les touches de jaune et d’orangé des astres et des lumières du village.

4- Le contraste des complémentaires

Un contraste intense peut aussi être obtenu par la mise en relation des trois couleurs primaires entre elles ou l’opposition des complémentaires.

Avec le courant impressionniste à la fin du XIX siècle commence une nouvelle ère artistique où les couleurs vont tenir le premier rôle.

Utilisant la théorie des couleurs pour traduire la réalité sur leurs toiles, les impressionnistes expriment l’instabilité de la lumière, en la décomposant en touches colorées. Travaillant par petites touches ou grands aplats de couleurs pures, à fort chroma, la palette de ces nouveaux peintres ignore le plus possible le mélange et laisse les couleurs se réfléchir et se combiner entre elles à même la toile !

Dans cette toile de Derain, les couleurs s’entrechoquent avec une intensité violente, comme pour nous faire ressentir les fortes chaleurs du Sud de la France, le soleil et la lumière crue qui enflamme même les coins d’ombre !

5- Le contraste simultané

Le contraste est formé lorsque les limites entre les couleurs vibrent de manière perceptible.

Quelques illusions intéressantes sont accomplies avec ce contraste.

Les deux carrés bleus paraissent différents et pourtant ils sont de même couleur !
Dans ce 2ème exemple, la couleur « vibre » vraiment aux points de contact !

Même vibrato dans cette œuvre ci-dessous du peintre expressionniste allemand, Ernst Ludwig Kirchner, qui utilise en même temps le contraste des complémentaires pour un tableau presque hypnotique !

Ernst Ludwig Kirchner, Autoportrait avec modèle – 1910

6- Le contraste de qualité

Comme nous l’avons vu précédemment, une couleur peut être pure ou rompue (éclaircie, ternie, gâchée, etc.) par mélange avec du blanc, du noir, du gris ou par addition d’une petite quantité de sa complémentaire.

Le contraste de qualité résulte de l’opposition entre couleurs vives (saturées) et couleurs ternies (désaturées)

Pour obtenir un contraste fort, il convient donc de placer une couleur pure à côté d’une couleur « rompue », comme dans cette œuvre surréaliste de Félix Labisse, qui tire un large parti de l’emploi du contraste de qualité. Le rouge et le bleu pur se dégagent fortement sur les couleurs ternes alentour, créant un fort impact visuel.

7- Le contraste de quantité

Un dernier contraste existe, qui n’est pas à proprement parler un contraste de couleurs, mais plutôt un contraste de proportions, comme son nom le laisse suggérer.

Le contraste de quantité est un terme qui désigne l’opposition de grandeur de surfaces occupées par deux couleurs, la couleur en faible quantité prenant dans ce cas-là toute sa puissance.

Dans ce tableau de Claude Monet, une aube froide et glacée, lointaine, à peine réchauffée par la seule couleur chaude de l’orange d’un soleil naissant, noyé dans la brume et les crachins du matin. Une palette froide, dominée par les bleus et les verts, qui traduisent ainsi l’élément marin et la froideur de l’acier des usines du port du Hâvre au lointain et qui concentre l’attention sur ce soleil presque froid.

Ce contraste de quantité déséquilibre volontairement la proportion entre ces tons opposés, pour obtenir l’effet qu’il recherche : une peinture d’atmosphère traduisant la perception du temps !

Et que dire de cette œuvre de Gustav Klimt, où les trois couleurs primaires fleurissent dans un océan de feuillage vert, concentrant notre regard sur elles seules !

Gustav Klimt, Jardin aux tournesols – 1906

Pour conclure

Comme vous le voyez, les couleurs sont la gamme de l’artiste et apprendre à bien les utiliser est indispensable, comme apprendre le solfège !

Le contraste vous l’avez compris est lui aussi indispensable, que ce soit en dessin noir et blanc (contraste clair-obscur) ou en peinture !

La raison du contraste est à la fois de mettre en valeur un ou plusieurs éléments de son œuvre mais aussi de faire partager une « impression » comme le disait si bien Monet !

On pourra se servir de la désaturation pour assourdir les tons de chair par exemple : équilibrant le rose du visage avec quelques pointes de vert pour retrouver une teinte proche du modèle, plus naturelle, rompant avec des couleurs trop artificielles pour se rapprocher des tons réels.

On pourra accentuer les couleurs rosées de certaines peaux en utilisant un fond froid, gris bleuté, quant à l’inverse le teint perdra de son éclat avec un fond orangé !

On pourra aussi donner plus de profondeur aux ombres en évitant les noirs et en privilégiant la désaturation au moyen de sa complémentaire, pour obtenir plus de nuance, comme dans l’exemple des Meules de Monet !

On parviendra à traduire une émotion, une sensation mais aussi à mettre en valeur un ou plusieurs éléments d’un tableau, en utilisant à bon escient les différents contrastes et harmonies possibles !

Voilà ! Bravo d’être arrivé au bout de ce très long article que je me suis efforcée de rendre aussi accessible et passionnant que possible !

Laissez-moi vos commentaires, vos expériences personnelles sur le cercle chromatique et toutes vos suggestions de nouvel article dans les commentaires, je réponds à tous vos messages, sans oublier de vous abonner ci-dessous pour recevoir mon livre pour débuter aux pastels secs et ne rien manquer des prochains articles !

A bientôt !

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2 commentaires

  • Mireille

    Bonjour Sophie,

    Je connais bien l’utilisation de la roue chromatique, ainsi que la synthèse soustractive,
    également les couleurs analogues, les complémentaires scindées et les complémentaires doubles.

    Votre article est très bien détaillé, très clair, et particulièrement didactique.
    Et je vous rassure sur la longueur… Il est très agréable à lire. 🙂

    Bravo.

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